Crise sécuritaire : L'ORDEDH dresse un bilan accablant de la mission de paix kenyane en Haïti, et en appelle à un redressement

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Crise sécuritaire : L'ORDEDH drPort-au-Prince, le 25 Juin 2025 - Le P'tit Journal Haïti

Ce mercredi 25 juin 2025 marque un (1) an depuis l'arrivée de la mission de paix kényane en Haïti, sous l'autorisation du Conseil de sécurité des Nations-Unies après le vote du 2 octobre 2023 à New-York, aux États-Unis d'Amérique. Connue sous l'appellation de "Mission multinationale d'Appui à la Sécurité (MMAS)", cette force étrangère non onusienne a pour mission d'accompagner les forces de sécurité haïtiennes dans le cadre de la lutte contre le grand banditisme et la criminalité à grande échelle, y compris le rétablissement sécuritaire du pays qui est en proie à des guérillas urbaines. Un (1) an après son déploiement graduel, le constat est alarmant alors un changement radical serait propice pour le pays afin de relever les défis sécuritaires actuels, soutient l'Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) dans une note de presse parue ce jour d'hui, dont une copie est parvenue à notre salle de rédaction.

Pour analyser et comprendre les critiques et propositions de l'Ordre des Défenseurs des Droits Humains concernant le premier anniversaire du déploiement de la force internationale en Haïti, dirigée par le Kenya qui est un pays anglophone d'Afrique de l'Est, la rédaction de "Le P'tit Journal Haïti" vous invite à lire ci-après ce document :

Ce 25 juin 2025 : Un an de la MMAS en Haïti - Bilan accablant et appels à un redressement

Ce 25 juin 2025, marque un an depuis l'arrivée du contingent de policiers kényans en Haïti, venus en appui à la Police Nationale d'Haïti (PNH) sous l'appellation de " «Mission Multinationale d'Appui à la Sécurité (MMAS)". Un an plus tard, l'Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) dresse un constat alarmant et exige un changement radical de cap.

Loin d'améliorer la situation sécuritaire, la présence de la MMAS semble l'avoir exacerbée. Des territoires autrefois sous contrôle, tels que Solino, Nazon, Champs de Mars, Carrefour Feuilles, La Chapelle, Kenscoff, la Route de l'Aéroport, Mirebalais, et Saut-d'Eau, sont désormais aux mains des gangs armés. Cette expansion territoriale des groupes criminels s'accompagne d'une augmentation dramatique du nombre de déplacés internes, une situation humanitaire intenable.

L'ORDEDH constate avec effroi que le taux d'homicides n'a cessé de croître depuis l'arrivée de la MMAS, avec plus de douze massacres perpétrés en leur présence. De plus, plus de 100 institutions étatiques à Port-au-Prince ont été contraintes de délocaliser leurs opérations en raison de l'insécurité grandissante. Ces chiffres sont un témoignage éloquent de l'échec de la mission à restaurer l'ordre et la sécurité.

Un incident particulièrement troublant a été la mort d'un policier kényan dans l'Artibonite, dont le corps a été pris en otage par les gangs. Le fait que les autorités kényanes et haïtiennes aient dû négocier avec des criminels pour récupérer le corps de la victime est une humiliation et soulève de sérieuses questions sur la capacité et l'efficacité de la mission. Le silence de la MMAS sur cet événement est inacceptable et alimente les spéculations sur un possible "secret d'État".

Les critiques fusent, y compris de la part de nombreux hauts gradés de la PNH, qui dénoncent l'attitude des forces kényanes, les comparant à des touristes plutôt qu'à une force d'appui déterminée.

Face à ce bilan désastreux, l'ORDEDH lance un appel pressant :
- Exige un redressement de la mission avec des missions principales claires et définies. Il est impératif que les objectifs de la MMAS soient réévalués et communiqués de manière transparente.

- Exige une transparence totale dans la gestion des ressources de la mission afin de prévenir tout risque de blanchiment d'argent et d'assurer une utilisation optimale des fonds.

- Invite la mission à être redressée ou à être transformée en mission de paix des Nations Unies. La situation actuelle exige un cadre d'intervention plus robuste et internationalement reconnu.

L'ORDEDH souligne que l'échec de cette mission n'est pas seulement celui de la MMAS, mais aussi celui de la communauté internationale, qui persiste à faire d'Haïti un terrain d'expérimentation pour des stratagèmes qui se révèlent inefficaces et souvent contre-productifs.
Il est temps de cesser de considérer Haïti comme un laboratoire. La population haïtienne mérite une réponse concrète et efficace à la crise sécuritaire, pas des solutions improvisées qui aggravent la souffrance".

 

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